MICHEL STROGOFF (roman de Jules Vernes)

par Thierry



Strogoff, officier russe, la trentaine, est d'origine caucasique : "...haut de taille, vigoureux, épaules larges, poitrine vaste (...) beau et solide garçon, bienMichel campé, bien planté...", à l'allure aisée, assortie d'une parfaite netteté de mouvements. Une tête puissante, large de front, avec une abondante chevelure crêpelée, des yeux bleus foncés, "...avec un regard droit, franc, inaltérable...", les muscles sourciliers faiblement contractés. Le nez est puissant, large de narines et surmonte une bouche symétrique aux lèvres légèrement saillantes. Grande endurance et sens d'une extrême finesse.

Homme de tempérament déterminé, prompt à la décision, il possède "ce courage sans colère des héros" et une confiance en soi inébranlable. Son intelligence, sa ténacité, son acharnement dans l'accomplissement d'une mission, font de lui un exécuteur d'ordres idéal. Sobre de gestes et de paroles, il sair allier avec bonheur audace, sang-froid et prudence. En face d'un péril, sa présence d'esprit peu commune déclenche des réflexes foudroyants.

Né à Omsk, en Sibérie, Michel fut élevé "à la dure" : dès l'âge de 11 ans, il accompagnait son père à la chasse et à 14 ans il tua -- et dépouilla ! -- son premier ours. Ainsi devint-il un homme de fer, capable de supporter les privations et de survivre dans un milieu particulièrement hostile. Entré ensuite dans le corps des courriers du tsar, le jeune homme se distingua au cours de missions délicates et accéda au grade de capitaine. On comprend alors pourquoi le souverain en personne lui confie la tâche de transmettre une dépêche au grand-duc, en garnison à Irkoutsk à cinq mille cinq cents kilomètres de Moscou.

L'officier organise méthodiquement son expédition : il va voyager sous l'identité d'un marchand, afin de tromper les envahisseurs tartares et, surtout, le renégat Ivan Ogareff, passé à l'ennemi. Durant la première partie du trajet, Michel s'intéresse à Nadia Fédor, une jeune fille qui suit le même itinéraire que lui, et, afin de lui permettre de traverser les régions interdites, la fait passer pour sa soeur. Dans des circonstances dramatiques, il vient aussi en aide à deux journalistes : Blount et Jolivet.

Malgré son habileté, le courrier du tsar finit par tomber aux mains des Tartares ; non identifié par Ogareff et perdu au milieu de centaines de prisonniers, il passerait inaperçu si sa mère Marfa ne faisait elle aussi partie du convoi. Saisi d'une idée diabolique, Ogareff ordonne qu'on inflige le supplice du knout à la vieille femme. L'amour filial l'emportant un bref instant sur le sens du devoir, Strogoff se trahit par un geste inconsidéré, et le message destiné au grand-duc lui est enlevé. Peu après, le khan ordonne à son bourreau de passer devant les yeux du captif un sabre chauffé à blanc.

Libre, mais aveugle, le malheureux décide pourtant de poursuivre sa route. Guidé par Nadia, il va cheminer à travers la steppe, soutenu par une pensée unique : tenter d'arriver à Irkoutsk avant Ogareff, et dénoncer au grand-duc le complot qui doit livrer la ville aux hordes asiatiques. Il y parvient après avoir surmonté mille difficultés, mais le traître, qui se fait passer pour lui, est déjà dans la place. L'officier se retrouve face à face avec Ogareff et, chose incroyable, l'affronte en combat singulier et le tue, -- puis dévoile ensuite au grand-duc la machination du renégat.

La suite des événements révélera que Michel n'avait jamais été atteint de cécité car "...la couche de vapeur formée par ses larmes, s'interposant entre le sabre ardent et ses prunelles, avait suffi à annihiler l'action de la chaleur." A l'exception de sa mère, mise dans la confidence, il avait préféré garder le silence afin de déjouer d'éventuels espions.

Après la défaite des Tartares, le capitaine Strogoff épousera Nadia Fédor.

En récompense de son dévouement, le Tsar l'attachera spécialement à sa personne et lui remettra la croix de Saint-Georges.

 

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