OPERATION 2003

"DES VETEMENTS POUR LES GAMINS DES RUES D'IRKOUTSK" par Arnaud HUMANN (extraits)

Enfant des rues d'Irkoutsk

L'hiver est là, il fait moins 25 dans la rue et les enfants ou les adultes errants sont toujours aussi nombreux par cet hiver, qui s'annonce froid.
Les bonnes nouvelles sont les suivantes : ma fille va bien, voire très bien, elle n'aura pas de séquelles de ses brûlures. La seconde : j'ai retrouvé Sacha ! (pour ceux qui ne comprendrait pas ce que cela veut dire il vous faudra lire la chronique "2001").
En fait c'est Sacha qui m'a retrouvé, alors que je perdais tout espoir de le revoir un jour vivant.



C'était par un beau jour de septembre, je faisais mes courses au marché central d'Irkoutsk lorsque que l'on siffla violemment dans mon dos. Je me retournais au cas où pour de suite apercevoir un gamin qui courait dans ma direction.

Je n'eus aucun mal à reconnaître Sacha, il n'avait pas perdu son grand sourire, celui que je lui avais connu sur sont lit d'hôpital et la moitié de son visage était abîmé par les séquelles de ses brûlures. Très vite il me raconta ses aventures, il avait été recueilli par un service social municipal et envoyé très loin d'Irkoutsk dans un centre d'hébergement. Je pense que son éloignement était voulu pour l'obliger à arrèter la drogue. Loin de la ville en pleine forèt, il ne risquait pas de se piquer sauf au grand air. Son séjour semblait lui avoir réussi car il était en pleine forme.

Les courses finies, je lui donnais un peu de sous et lui promis de revenir le lendemain.
Le lendemain nous fîmes les courses ensemble mais cette fois non pour moi mais pour lui.
Il partage un appartement je ne sais où avec d'autres gamins, alors les courses étaient importantes.

Aucune friandise, rien que l'essentiel, de la farine, du beurre de l'huile, du cacha , du pain , du thé, du lait. J'étais fort surpris de voir avec quel sérieux Sacha choisissait ses courses, il n'y avait rien en lui d'un gamin mais tout d'un adulte responsable. Ce doit ètre la vie qui, selon les circonstances, apprend plus vite aux uns qu'aux autres.... La soirée s'annoncait bonne chez les gamins, tous les ingrédients étaient réunis pour une grande soirée ! je le laissais partir en lui faisant promettre que jamais il ne retomberait dans la drogue. Dans les jours qui suivraient, je lui promettais d'amener des habits, ceux que vous m'envoyez tous pour lui et ses copains.

Deux jours après, je le surprenais la gueule dans un sachet de plastique entrain de snifer de la colle. Je le prenais donc en flagrant délit et lui faisais comprendre ce que j'en pensais, le menacant par ailleurs de ne plus jamais l'aider, puis nous nous quittions sans un sourire.

Depuis les choses semblent aller mieux, je le vois souvent au marché, il me dit aller à l'école le matin, mais je n'y crois guère. Lorsque l'on a goûté à la rue, on y reste si l'on n'est pas suivi et aidé toutes les minutes de très près.

Régulièrement je distribue des habits, lorsque vous m'en envoyez, aussi bien aux gamins qu'aux pauvres qui font les poubelles en bas de chez moi. De temps à autre je fais des courses pour Sacha. Mes moyens ne sont pas illimités et je ne peux pas nourrir tous ceux qui vont crever de faim cet hiver. Mais pour peu que vous continuiez à m'envoyer de temps à autres des habits, certains seront au moins un peu plus au chaud et ici cela veut dire quelque chose !

Un grand merci à vous tous qui nous avez aidés, je sais bien ce que coûte de mettre un colis à la poste en direction de la Sibérie. C'est cher et tout le monde à besoin de garder ses sous à commencer par vous mème pour votre famille.

Alors merci de partager, et bon courage à tous ceux en France qui sont aussi dans le besoin. Le monde ne tourne pas rond, il faudra bien changer cela un jour.

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